Crise d’ado – Je me suis volé ma propre enfance, partie 2 – 28/06/17


« Je détruisais tout sur mon passage; famille, relations et ami-e-s. Je n’avais pas envie de m’attacher à quelqu’un pour qu’il m’abandonne à son tour. Je me protégeais en foutant ma vie en l’air sans vraiment savoir qu’il y aurait de lourdes conséquences. Je l’ai su le jour où la police est venue me chercher pour m’annoncer que j’irais passer quelque temps au Centre jeunesse. La police était là pour moi à l’endroit où mon père ne s’était jamais trouvé. C’était trop tard pour effacer toutes les erreurs stupides que j’avais commises. » Extrait, Je me suis volé ma propre enfance partie 1.

J’ai eu deux mois pour changer, essayer d’atténuer ma colère et soulager ma peine avec autre chose qu’un joint. Deux mois pour parler et essayer de comprendre ce qui se passait dans mon p’tit cœur brisé. Deux mois pour prendre conscience de ce que je vivais.

Après deux mois au Centre, j’ai compris.

Je jouais une game pour me convaincre que j’allais bien. J’ai fini par vider ma remorque. Le jour où j’ai commencé à m’ouvrir et à parler au Centre, je ne me suis pas arrêtée durant des heures. De la vérité sur mon esprit, mon âme, mes sentiments, en veux-tu? En v’là!

J’ai perdu des années de ma vie à me créer une réputation qui me suit et qui me cause des ennuis. Chaque fois que j’essaie de faire un pas en avant, mon passé revient à la charge. Avec une remorque pleine de déchets puants, on passe notre temps à faire de mauvais choix et à vouloir tout foutre en l’air. Heureusement, avec le temps, on apprend aussi à se pardonner.

Après mille tentatives, j’ai enfin réussi à jeter la majorité des sacs qui prenaient toute la place, n’en laissant aucune aux beaux souvenirs. Maintenant, je sais où je veux aller. Je me suis pardonné mes erreurs et je commence tranquillement à accepter que mon père n’ait pas pris son rôle et qu’il ne le prendra sans doute jamais. Je commence à intégrer que ce n’est pas ma faute s’il est parti. Je gère mieux ma haine sans briser tout autour de moi.

Un jour, je réussirai à vider la merde de cette remorque pour y mettre de la tendresse, de l’espoir et de l’amour. Quand je prendrai une mauvaise décision, je me pardonnerai de nouveau.

Je persévère, la tête haute. Devant les plus grands combats, je reprendrai mon souffle et je n’abandonnerai pas. Ma remorque n’est plus pleine, elle n’est pas vide, l’espoir s’y trouve et grâce à elle, je suis forte.

« Nous sommes nos choix » Jean-Paul Sartre

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Samuelle Paquette

 


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7 commentaires sur “Crise d’ado – Je me suis volé ma propre enfance, partie 2 – 28/06/17

  • Marc

    J aime ton écriture .

    On devient vraiment adulte que lorsque nous réalisons que nous sommes responsable de notre vie.

    Et la vie sans prendre nos responsabilités n’est pas vivre. (Extrait des moines shaolin)

  • Julien

    Bravo Samuelle pour ce texte très conscient ! À mon sens, le grand drame de l’humanité se joue dans tous les “petits” drames qui surviennent dans la relation enfant-parent.

  • Ressliki

    Toujours aussi nice de te lire! Peut-être que ça te remontera pas le moral, mais j’ai réalisé que plus on essaie de vider les déchets de notre remorque et d’y mettre de l’amour à la place, plus ça devient facile de le faire. C’est toujours le travail d’une vie, mais on finit par prendre l’habitude de donner moins d’importance au négatif et plus d’importance au positif.

  • Monsieur L'Éditeur (c'est Samuel Bricault, oui, moi...lol...)

    J’ai bien hâte de te lire de nouveau. Je nous encourage(LOL). Je pense que tu peux aller là où tes rêves te portent. Je sais que tu es forte.

    Les rêves nous portent à ta porte, toc, toc, toc, je sais comme tu ES FORTE ! (Sam Swag Slam)

    Tu le prouve. Tu es belle, tu es forte, tu as du swag.

    Quand tu écris, j’ai l’impression de t’entendre grandir. Ton écriture est honnête, easy going et belle de par les émotions que tu nous fait vivre.

  • Sylvie Poirier

    Renverser la vapeur est toujours un réel défi: mobiliser ses forces pour les diriger dans un sens autre ou contraire selon les situations, vaincre la force d’inertie, bref, se réapproprier ses forces vitales pour les canaliser dans une spirale positive. Ton texte démontre que tu as l’humilité, la sensibilité, l’intelligence et l’honnêteté pour réussir les défis imposés par tes nouveaux choix.
    J’aime te lire; ton style direct, imagé, correspond bien à ton propos (et à toi-même par la même occasion).

  • Stephanie

    Sam, Sam, Sam! C’est vrai que nous sommes nos choix. Je sais que ce n’est pas toi qui a écrit cette phrase mais tu l’aurais fait si tu avais pu! A chaque jour de choix que tu ajoutes à ton actif tu y vois l’importance de te mettre en premier plan car tu es la seule responsable finalement de ton bonheur. Un pas, un jour, un geste et un rire à la fois. Je t’aime ma fille!