Journal intime sur le web – Sans queue ni tête – 06/08/17


J’ai mal partout, surtout à la fierté. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai honte, mais presque. Je m’en veux de partout, des cuisses aux chevilles, du tendon à la gorge, de la tête au cul. L’ancien moi me traque, me poursuit. Il s’agrippe à ma peau, s’y greffe comme une tumeur, revient comme les boutons d’herpès. Je me suis inventé le sida, des maladies plein la queue. Des maladies plein la tête. Je ne suis pas malade. Je suis fou dingue.

Je fume. J’arrête. Je recommence. Je me coupe. J’arrête. Je suis mort de pleurs. Fume. Mort de rire. Mort de peur quand je serai mort de vivre. Tuez-moi. Que je crève.

Je me trouve cool et poche. Cool et con. Coule au fond. Au fond, rien n’existe.

J’ai un monde d’amour qui menace de s’écrouler sous le poids de ma haine personnelle. De ma honte d’enfant de chienne. Respect à ma mère. Ce n’est pas une chienne, ni une pute, mais je suis quand même l’enfant de…

Mort d’être.

« Comment va le meilleur écrivain au monde ? » « Comment va mon écrivain favori? » J’adorais cette formule de politesse qui gonflait mon égo comme une ballonne à l’hélium. Jusqu’au moment où je réalise que tous ceux et celles qui emploient cette expression n’ont rien lu de ce que j’écris. Je les maudit un à un, dans ma tête. Un peu comme j’ai maudit cette serveuse sur le Plateau Mont Royal qui a servi Dany Turcotte avant moi.

Je broie du noir et je bois du rouge. Rouge et noir. Le sang et le vide. Le vide de sens. Le monde patine dehors surtout les enfants. C’est beau des kids. Ils volent sur la glace, moi, je m’écroule devant. Comme Narcisse qui se noie à force de regarder son reflet.

J’idolâtre les tueurs. Les vrais. Pas Clyde, ni Bonnie encore moins l’Éventreur ou Turcotte. Les vrais tueurs. Nelly Arcan, par exemple. Elle qui se tuait à chaque mot, à chaque ligne, à chaque roman, à chaque gorgée et qui, finalement, aura commis son propre meurtre. Je tue comme elle, comme cette Putain. Je suis l’enfant de…

Monstre.

Ça bouille dans ma baignoire. Le rouge s’empare de l’eau. Claire. Quand l’éclair électrise ma peau. J’appuie sur la détente. La lame s’enfonce encore. Mon corps défonce la mort. Les larmes et l’eau coulent. Coule au fond. Avec cette lumière diminuant et ce tunnel qui ne vient jamais.

Il était l’enfant de…

Au fond, personne n’existe.

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