Justice éphémère – Châteaux de sable – 18/05/17


Je me suis perdue dans ton visage comme on se perd dans une tempête de sable.

Tu étais ainsi le désert qui demandait mieux que l’éternité.

Je me suis abandonnée à toi tel on abjure la pudeur.

Tes mains connaissaient chaque fragment de ma peau.

À l’aveugle, elles se promenaient avec mansuétude sur moi.

Telle une charmille qui nous mène chez soi dans l’opacité de la sorgue.

J’ai succombé à ton amour.

 

On a fait des châteaux de sable que la mer a emportés avec elle.

On s’est cherchés sous les couvertures, même les nuits de canicule.

On s’est sauvés dans l’imparfait, où le monde semblait fastueux.

On s’est noyés dans l’eau-de-vie, au sommet de la plus haute montagne.

On s’est endormis à la belle étoile, entourés d’un mur tapissé par le chant des grillons.

L’univers me semblait majestueusement allégé à tes côtés.

 

Puis, le temps s’est mis à ne plus être à l’heure.

La clepsydre était vide. Rien ne me semblait normal.

Tu as commencé à te diluer comme l’encre perd sa couleur dans l’eau.

Même mon nom était devenu étranger à tes lèvres. J’avais perdu le tangible du nous.

 

Ce monde n’était pas le mien.

Je devais sortir du rêve. Prisonnière des bras de Morphée, modique moineau en cage.

J’étais à l’intérieur du cagibi de l’onirique.

Tu n’étais qu’illusion olympienne.

Je te cherche encore, comme le nautonier en quête de la rive au milieu de l’océan.

J’espère qu’un jour je te retrouverai dans l’indéniable.

 

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11 commentaires sur “Justice éphémère – Châteaux de sable – 18/05/17